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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 13:51

A écouter les médias, toujours en mal de scoop - c'est pathologique chez les journalistes actuels, hélas! - nous sommes face à un énorme scandale "sanitaire". Certes, on a trouvé de la viande de cheval dans un plat préparé où il ne devrait pas y en avoir, notamment dans des lasagnes. Il y a donc tromperie sur la marchandise. Mais de là à parler de scandale "sanitaire"! Y aurait-il un risque pour la santé de ceux qui ont consommé ces lasagnes boeuf/cheval ? Non, ou alors seulement si la viande de cheval utilisée n'était pas consommable ce qui, à l'heure actuelle, n'a pas été prouvé. Il n'y a donc pas de scandale "sanitaire" mais une escroquerie. Pour gagner davantage de fric ? Pour répondre à la demande des distributeurs qui veulent payer toujours moins aux sous-traitants ? Apparemment les deux, d'autant plus qu'au fil de l'affaire, il semble que cette pratique ne soit pas si exceptionnelle que cela. A quand du rat ou du chat dans un plat préparé de lapin ? C'est tout bénef, non ?

 

Finalement, toute cette histoire n'est-elle pas qu'une magnifique illustration de ce qu'est le libéralisme où seul le fric fait la loi ? Alors pourquoi s'étonner de manger un ingrédient qui ne devrait pas être dans le plat consommé, du moins selon l'étiquette collée sur l'emballage. C'est l'inverse qui devrait nous surprendre. D'ailleurs, la réaction du public à l'annonce de cette information n'a pas été à la hauteur de celle qu'elle aurait été il y a dix ou vingt ans. A croire que tous nous sommes habitués, là aussi, à tout accepter au point de ne plus s'étonner de rien. Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter certains jeunes qui surconsomment de la nourriture fast food en affirmant qu'ils bouffent de la merde. N'est-ce pas surprenant ? N'y a-t-il pas derrière cette remarque balancée un peu vite, entre deux bouchées de hamburger, un mal beaucoup plus profond ? Celui de ne plus croire en rien à force d'avoir été parfois trompé ?

 

Mais ne le sommes nous pas tous, tompés, dans beaucoup d'autres domaines à commencer par la politique. N'y a-t-il pas de viande de cheval chez nos hommes et femmes politiques ? Curieuse question n'est-ce pas ? Au cours de ces dernières décennies n'a-t-on pas tous été trompés sur la marchandise politique que l'on nous a proposé ? N'a-t-on pas eu droit, au cours de deux septennats successifs à un plat préparé socialiste qui n'en avait que le nom ? Et pourtant, nous avons tous bouffés ce plat frelaté sans broncher, malgré ses désagréables saveurs et ses odeurs nauséabondes. Y'a même des journalistes qui ont léché l'assiette, goûlument, comme de bonnes gagneuses. La francisque du locataire de l'Elysée, ses fréquentations douteuses, les écoutes téléphoniques, les petits marquis pas très reluisants du premier cercle dont certains, aujourd'hui, se voient encore confiés de grandes responsabilités .. Que d'ingrédients douteux dans un plat qui, à bien y regarder, était autrement puant que les lasagnes boeuf/cheval dont on nous rebat les oreilles. 

 

Ensuite, on servit dans nos assiettes un autre plat, soi-disant meilleur. Du moins, c'est ce que nous garantissait son étiquette RPR qui aurait dû pourtant nous alerter. La vraie signification de ces trois lettres en effet n'est-elle pas "Relents Peu Ragoûtants" ? Là encore, nous aurions dû émettre quelques doutes tant le met pour lequel nous avions opté puait la magouille, voire davantage, avec notamment l'assassinat de Robert Boulin, les emplois fictifs de la mairie de Paris, les valises de billets ... et tant d'autres choses, toujours pas vraiment digérées même après des années. Et dire que le "grand cuisinier" de ce met inqualifiable semble avoir perdu la mémoire .... mais pas nous. Et ce n'est pas quelques produits médiatiques, qui visent dans un ultime effort à nous faire "aimer" ce plat, ni une vieille dame aussi jaune que les pièces qu'elle collecte, qui y changeront quelque chose et le transformeront en un met de qualité digne du Panthéon gastronomique.

 

Depuis, nous avons eu droit à la "bouffe spectacle", un peu à l'image de celle que l'on nous vante en permanence, où le décor est plus important que ce qui se trouve dans l'assiette. Beaucoup de mise en scène, mais peu de fond et de caractère. Tout est dans l'image et la communication. Comme au cinéma où les effets spéciaux cachent la minceur du propos du réalisateur. D'ailleurs, en a-t-il un ? Alors on fait du bruit, on utilise les médias en lâchant une multitude d'ingrédients jour après jour, à tel point que le met finit par ne plus ressembler à grand chose. N'est-ce pas cela le sarkozysme, un mauvais brouet dont la date de péremption est largement dépassée et que seuls ses "amis" présentent encore et toujours comme un met noble. Y'en a même comme la Morano et l'Estrosi qui sont prêts à lécher le plat s'il le faut. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour exister en l'absence de talent! 

 

Aujourd'hui, cela fera bientôt un an que nous essayons de nous habituer à un nouveau met. Contient-il lui aussi de la viande de cheval, alors que l'étiquette n'indiquait que du boeuf ? Hélas, il semble que nous soyons partis pour un remake de 1981. Alors certes, histoire oblige, il n'y a plus la francisque et les amitiés avec Bousquet, l'organisateur de la rafle du Vel'd'hiv'. C'est donc un peu moins difficile à avaler. Sans doute est-il encore trop tôt pour juger de la suite, même si elle semble plus que probable. Encore une fois, ce plat, qui promettait tant, sera à ranger juste à côté de ceux qui l'ont précédé. Y'en a bien certains qui tentent vainement d'avaler, sans rien dire. Après tout, ils ont opté pour lui et fait la fête à la Bastille, comme toujours. Mais on perçoit nettement que les sourires ont quitté les visages et que l'on avale plus par obligation que par plaisir. A croire que nous l'aimons cette mal bouffe politique puisque nous en redemandons tous les cinq ans, au nom de cette sacro sainte démocratie qui, à force d'être réchauffée, n'a plus vraiment de goût.

 

Le Tribun en colère

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Le Tribun en Colère - dans société
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commentaires

Marc Piel 05/03/2013 12:18

Deux choses :
- On me dit que la vente de viande chevaline a augmenté de 25 % depuis cette "crise".
- Cela sert bien nos politiques (et médias); Ça leur permet de gesticuler dans tous les sens et donner l'impression qu'ils font quelque chose.

Le Tribun en Colère 05/03/2013 14:27



Bonjour


et merci


En effet, les médias, tout comme les politiques, s'agitent. Mais ils ne savent faire que cela, hélas!


Bonne journée


Le Tribun



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