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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 19:46

L'industrie française va mal! Elle vend de plus en plus difficilement ses produits, que ce soit en France ou à l'étranger. La solution ? Un choc de compétitivité. Waouh la grande idée! Et le patronat de préconiser une baisse des cotisations patronales de 30 milliards d'euros, qui serait alors compensés par une hausse de la CSG et de de la TVA, évidemment. Vu comme cela, ça paraît si simple! Et tout le monde de reprendre en coeur, y compris les médias, que ce choc de compétitivité est la seule solution pour que l'industrie française, dont certains secteurs sont en quasi ruine, redémarre. Jour après jour, on n'entend plus que ces trois mots, choc de compétitivité. Et tous de répéter, ou plutôt de bêler comme des moutons, Laurence Parisot en tête, l'expression magique "choc de compétitivité". Pauvre femme! A-t-elle jamais eu la moindre once d'imagination et de créativité ? Et c'est cela qui est à la tête, soi disant, du patronat! Pitoyable comme d'hab!

 

Dans ce contexte de ce choc attendu, Louis Gallois nous a pondu un rapport, un énième, à croire que l'on aime bien les rapports en France. Nos politiques non pas beaucoup d'imagination, et cela ne date pas d'hier. Mais en revanche, comme ils sont doués pour faire pisser des rapports, à des gens sans doute très compétents comme on dit - ne le sont-ils pas tous à ce niveau, du moins le laisse-t-on croire à ce bon peuple - mais des gens habitués à pisser leurs copies toujours dans un même schéma de pensée étriquée, dicté par un capitalisme toujours plus saignant. Dans ces conditions, qu'attendre de nouveau ? RIEN, c'est une évidence! La France, et plus particulièrement son industrie, ne se relèvera jamais avec ces solutions préconisées, bien dans l'air du temps. Certains rétorqueront que "nous vivons l'une des crises économiques les plus graves depuis 1929" - à lire avec des sanglots dans la voix, c'est encore mieux - et alors ? Est-ce pour autant qu'il faut s'interdire de prôner des solutions autres que celle de ce désormais incontournable choc de compétitivité ? La crise ne doit-elle pas justement être l'occasion de tout repenser ? 

 

Nous vivons quand même dans un monde étonnant! Il suffit qu'un matin, une sorte de conseiller ou d'expert, après s'être longuement masturbé dans son bureau, éjacule d'un "choc de compétitivité", et voilà que tout le monde, ou quasiment, disserte et y va de sa p'tite analyse sur cette idée devenue soudainement "magique" et tout du moins la seule qui vaille par la volonté d'une poignée de gens qui, nous le laisse-t-on entendre, savent, pensent et décident dans les coulisses. Et qu'importe ce que l'application de cette solution pourrait entraîner sur la vie quotidienne de chacun de nous, d'autant plus que la solution en question doit sauver l'industrie française. Après tout, dans l'enculage généralisé de la population française, le choc de compétitivité n'est qu'une saillie de plus. A force, les sphincters s'habituent, c'est mécanique! Se faire enculer, passe encore, mais ce qui dérange le plus, c'est d'être pris pour des crétins. Comment croire en effet qu'un choc de compétitivité, tel qu'il est prôné par Laurence Parisot et sa clique puisse entraîner une plus grande réussite de l'industrie française ?  

 

Dès aujourd'hui le Tribun est prêt à prendre publiquement le pari que ce choc de compétitivité, quel qu'il soit, n'améliorera en rien l'état de l'industrie française. Car le mal est bien plus profond. Ayons au moins le courage de regarder la situation en face. Hier encore, cette industrie s'appuyait sur des fleurons technologiques développés dans le courant des années 1960. Dans de nombreux secteurs, la France brillait, s'exportait mais, ayons l'honnêteté de le reconnaître, n'avait alors que peu de concurrents dans le monde. Aujourd'hui, dans ce Monopoly géant qu'est devenu la planète, la donne a bien changé et ceux qui détenaient encore le savoir-faire technologique il y a une ou deux décennies, se retrouvent aujourd'hui confrontés à de nombreux concurrents, aux compétences tout aussi remarquables, issus de pays où les salaires n'ont rien à voir avec ceux des ouvriers, des employés, des techniciens et des ingénieurs français. Allez demander pourquoi un constructeur automobile français qui travaillait depuis une trentaine d'année avec un fameux laboratoire d'une école d'ingénieur bien connue, fait appel aujourd'hui au savoir-faire d'un laboratoire slovène, tout aussi compétent, beaucoup de ses chercheurs ayant été formés dans ce même laboratoire français ? Les salaires en Slovénie sont beaucoup moins élevés, tout simplement. Mais les prestations sociales du Slovène moyen sont-elles du même ordre que celles dont bénéficie le Français moyen ? 

 

Et dans cet exemple précis, qui n'est pas une exception, mais plutôt une règle, le trop fameux choc de compétitivité ne changera rien, tant l'écart est important entre le salaire du chercheur slovène et celui du chercheur français. Et pourtant, le chercheur français n'est pas si payé que cela! Alors ? En fait, ce qui se profile à terme derrière ce choc de compétitivité, qui n'est qu'une sorte d'"amuse-gueule" proposé par le grand patronat, c'est l'abaissement drastique des salaires, comme cela se pratique déjà dans plusieurs pays européens. Quant à invoquer en permanence l'Allemagne, comme le font les mêmes moutons qui n'ont plus à la bouche que le "choc de compétitivité" pour unique solution pour sortir de la crise, que l'on ose, là aussi, dire la vérité et montrer le vrai visage d'une Allemagne pas si reluisante que cela. Ah bien sûr, il y a la grande Allemagne, toujours la même, avec ses Mercedes, BMW, Audi ..... autant de noms prestigieux qui servent de paravent pour cacher une autre Allemagne, immense, qui compte par millions ses pauvres et ses retraités à 500 euros par moi, obligés d'aller retravailler à 70 ou 75 ans, ne serait-ce que pour bouffer. Est-ce ce "paradis" auquel aspirent les Français ? 

 

Le Tribun en colère

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Le Tribun en Colère - dans Economie-Finance
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france Salzone 13/11/2012 12:35

Tout a fait d'accord avec vous ; votre analyse dans les deux derniers paragraphes de votre article est tellement juste !(combien avez-vous de lecteurs ?)mais quand se posera-t-on la question de la
responsabilité et du rôle des médias ?

Le Tribun en Colère 13/11/2012 12:56



Bonjour France


et merci pour ce commentaire si sympathique. 


Des lecteurs ? Quelques-uns, une poignée dirons-nous, s'aventurent sur mon blog. Mais n'allez pas croire qu'ils soient si nombreux. La foule préfère lire la "vraie presse" ... Le Tribun, lui,
n'est qu'un blogueur. Ce qui me fait sourire. Mais n'hésitez surtout pas à faire connaître le Tribun, si vous en avez l'envie. 


Au plaisir d'échanger et bonne journée


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