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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 16:25

"Je n'ai jamais rencontré l'homme dont les chansons ont changé ma vie. Je ne suis pas, du reste, vraiment certain d'en avoir envie de peur qu'il se révèle aussi désespérément humain que vous et moi", a écrit Nigel Williamson dans l'introduction de son excellent livre consacré à Bob Dylan - son personnage, sa musique, son mythe - édité en 2006. Comment ne pas penser la même chose à l'égard des tout aussi "mythiques" Rolling Stones qui, après avoir daigné jeter quelques miettes à ceux qui les idolâtrent en leur offrant un concert à 15 euros la place - ça c'est de la communication et du marketing - dans une petite salle à Paris, ont donné un second concert pour les clients et les invités d'Edouard Carmignac, fondateur de Carmignac Gestion et 43ème fortune de France selon le classement établi par Challenges ? C'était lundi dernier, au théatre Mogador. 

 

Certains parmi les fans de ce groupe ont été surpris, voire choqués, d'apprendre que ces soi-disant "bad boys" allaient empocher une somme rondelette pour jouer devant un public composé pour l'essentiel d'investisseurs. Mais finalement, cette "proximité d'un soir" était-elle si "contre-nature" que cela ? Certes, les Rolling Stones du début des années 1960 auraient été à des années lumière de la galaxie habitée par les clients de Carmignac Gestion. Mais depuis, les succès à répétition, les tournées planétaires et les méga-concerts ne cessant de générer des montagnes de fric au cours de cinquante ans de carrière, les Rolling Stones s'en sont naturellement rapprochés, par la force des choses. Life, l'excellente autobiographie de Keith Richards publiée en 2010, montre notamment l'incroyable débauche de fric qu'a permis et que permet encore cette étonnante carrière.

 

La vie matérielle des membres de ce groupe ressemble donc d'avantage à celle des clients de Carmignac Gestion qu'à celle de la plupart de leurs fans. Mais faut-il pour autant leur reprocher ? Comme beaucoup d'autres, n'ont-ils pas fait que profiter pleinement des règles d'un monde marchand et vivre grassement aujourd'hui encore des intérêts que génèrent les montagnes de frics gagnées ? N'est-ce pas finalement une démarche identique à celle des investisseurs de Carmignac Gestion consistant tout simplement à faire du fric ? Entre temps, ces "bad boys", finalement si prévisibles et classiques, malgré leurs excès d'antan, bien relayés par des médias friands de potins, nous ont quand même offerts Jumping Jack Flash, Sympathy for The Devil, Brown Sugar, Gimme Shelter .... et tant d'autres morceaux d'exception qui les rend si "différents" des investisseurs de Carmignac Gestion. 

 

Le Tribun en colère

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Le Tribun en Colère - dans People
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Marc Piel 08/11/2012 14:40

Ah, le nombre de soixante-huitards que j'ai connu, qui une fois proprietaires, votent maintenant pour le FN!!!!

Le Tribun en Colère 09/11/2012 14:39



Bonjour


et merci pour ce commentaire .... tellement vrai. Nous en connaissons tous! A croire que le confort financier efface les belles idées du passé. 


Au plaisir


Le Tribun



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