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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 10:51

Désolé de revenir sur cette sorte de feuilleton que l'on pourrait intitulé "Depardieu au pilori", et qui semble avoir remplacé le déjà dépassé "Un fauteuil pour deux à l'UMP". Est-ce la crise qui, en privant certains de l'oie farcie pour les fêtes, en pousse d'autres, pas vraiment malheureux, mais de gauche (prononcer "gôche") ou de "rien", à vouloir "bouffer" du Depardieu ? Premier ministre pas vraiment imaginatif - mais en a-t-il eu une seule fois dans sa vie de l'imagination cet élu sans saveur ? - insignifiante ministre en mal de culture dont la classe ouvrière a été comme une sorte de marchepied, chanteur de droite "retraité" en mal de succès, comédien de gauche convictions chevillées au corps - enfin l'espère-t-on, parce qu'hélas, c'est souvent un genre que l'on se donne - mais tous bien bourgeois à souhait, les poches pleines, semblent s'en donner à coeur joie depuis déjà quelques jours. Il faut dire qu'il y a de quoi manger chez Depardieu, tant la "bête" en question aime la bonne chair. 

 

Passons sur la ribambelle de ministres, le premier en tête, drapés dans les oripeaux d'une gauche qui n'est vraiment plus ce qu'elle était il y a très longtemps, avant que Mitterrand ne vienne y faire son nid, qui se sont étranglés d'indignation - à croire qu'ils n'ont pas grand chose à faire - en apprenant le départ pour la Belgique du comédien devenu, en l'espace de quelques jours, l'homme à abattre. Le personnage est aujourd'hui carrément infréquentable. Rendez-vous compte, il serait l'ami de dictateurs ! Mais ne les fréquentait-il pas bien avant qu'il ne soit mis au pilori ? Et à l'époque, qui s'en souciait. En outre, combien de "dictateurs", de droite comme de gauche, qui n'en portent pas le nom mais n'en ont pas moins l'odeur, abrite notre monde ? Pire, les vins de Gérard Depardieu, notamment ceux qu'il produit dans son chateau de Tigné, en Anjou, seraient de la véritable piquette. Et tous les anti-Depardieu, y compris ma concierge, de répéter inlassablement qu'il s'agit bien de piquette, alors qu'ils n'en ont même jamais vu la couleur! Tous semblent s'ennivrer de pouvoir "bouffer" du Depardieu, mais évidemment, à distance réglementaire. Ah la lâcheté a encore de beaux jours devant elle!

 

Le plus incroyable est de voir ce chanteur de l'inoubliable "Les Ricains", dont les paroles prouvent qu'il n'a pas compris grand chose aux affaires de ce monde - mais lui demande-t-on d'être intelligent en plus de chanter - s'en prendre lui aussi à Gérard Depardieu. Celui qui chantait "Femmes des années 80" tout en étant resté un chanteur des années 70, n'a-t-il pas quitté la France, lui aussi, pour aller vivre à Miami durant des années ? Etait-ce simplement pour le climat ? Et maintenant qu'il vit une semi-retraite dorée près de Deauville, le voilà qui crache sur les exilés fiscaux. C'est à mourir de rire. Il est vrai que le fait de bouffer du Depardieu l'a dépoussiéré et remis un peu au goût du jour. Et puis voilà que ce "mal de fin d'année" qui s'abat soudainement sur une France pas vraiment en forme a touché un comédien de gauche, comme on les aime, qui s'est fendu d'une tribune quelque peu "méchante" et facile, qui plus est dans Libération, un quotidien de gauche (non, ne riez pas!). Il y avait la gauche caviar, il y a désormais la gauche ringarde, celle des "envolées lyriques" sans lendemain, des soirées à la Bastille bruyante où tous les espoirs sont permis jusqu'au lendemain qui déchante. Encore un peu, et l'on va nous sortir un Zola des années 2010 pour nous écrire un "J'accuse" contre Depardieu. 

 

Mais jusqu'où ce jeu stupide, mais visiblement très "tendance", va-t-il aller ? Verra-t-on bientôt la commercialisation d'un jeu de société intitulé "Bouffer du Depardieu" qui permettra aux vendeurs d'haranguer le public par ces mots : "qui n'a pas Bouffer du Depardieu" ? Et pendant ce temps, des Français bien plus riches que le comédien pestiféré, continuent de vivre tranquillement à Paris, dans l'anonymat le plus complet, de payer peu d'impôt (eh oui, c'est possible) et, qui plus est, de planquer du pognon dans des paradis fiscaux (désolé monsieur Sarkozy, ils existent encore malgré vos efforts, ou plutôt votre agitation médiatique). Gérard Depardieu a souhaité partir en Belgique, soi-disant pour des raisons fiscales, d'autres riches Français restent en France et pratiquent avec talent la gymnastique fiscale. Finalement, de quel côté se situe la lâcheté ? Ne le sommes-nous pas tous plus ou moins, selon les circonstances ?

 

Le Tribun en colère

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